Association des diplômés de l’Université de Montréal

Portrait de diplômé – Marc Boucher

22 novembre 2016 / Entrevue
Par Les Diplômés

Préparé par Nathalie Tousignant

Dans le cadre du 25e anniversaire de promotion 1991 qui aura lieu le 7 décembre 2016, trois collègues diplômés de 91 seront honorés pour leur milieu professionnel et communautaire. Nous soulignerons alors leur parcours et leurs réalisations. Nous vous invitons à lire le portrait des trois personnalités qui feront l’objet d’hommages.

 

Marc Boucher – baryton, directeur général et artistique du festival Classica

Diplômé de la Faculté de musique, Marc Boucher mène depuis bientôt vingt ans une brillante carrière internationale à titre de baryton, tant à l’opéra qu’en concert symphonique et en récital. Il a reçu du Conseil québécois de la musique le prix Opus 2007 pour le disque de l’année, puis le prix Opus 2008 pour son rayonnement international. M. Boucher a parallèlement un profil entrepreneurial qu’il met au profit de la relève musicale canadienne. Nous l’avons interviewé pour mieux connaître son parcours et sa vision de l’avenir.

 

Depuis quand la musique fait-elle partie de votre vie ?

La musique en tant que vocation s’est révélée à moi plutôt tardivement, soit à peu près deux ans avant mes études universitaires. Issu d’un milieu familial de théâtre, je cherchais d’abord à m’en distinguer en poursuivant des études collégiales en sciences pures.

C’est mon amour pour les cantates de Jean-Sébastien Bach qui m’a entraîné sur le chemin de l’artiste. Au détour, j’y ai découvert l’opéra à travers La bohème de Puccini comme première expérience. Avec le recul, je crois que j’ai été fatalement accroché par la dynamique du drame en découvrant le théâtre en musique. Ce fut le coup de foudre et le point tournant.

 
À quel moment avez-vous donc intégrée cette passion à votre parcours scolaire ?

Une fois mon diplôme de sciences pures en poche, j’ai choisi de me réinscrire aux études collégiales, cette fois à l’École de musique Vincent-d’Indy, parcours que j’ai complété en travaillant à temps partiel.

Au terme de ces études, il n’y avait plus de doutes possibles quant à ma vocation. J’ai donc déposé ma demande aux départements de musique des universités McGill et de Montréal. Les deux endroits étaient prêts à m’accueillir, mais mon choix s’est tout naturellement arrêté sur l’Université de Montréal, notamment à cause de sa tradition de langue française, élément d’importance pour moi. Mais mon choix d’aller étudier à l’UdeM s’est fait en raison de son directeur du département de chant, M. Gaston Germain, qui est devenu mon maître et mon mentor, en compagnie de Jacqueline Richard.

 

Que vous a apporté le parcours universitaire ?

En musique, l’enseignement universitaire se traduit en recherche appliquée sur notre instrument. On se retrouve immédiatement en train de travailler notre matériau. Pour ma part, ce fut ma voix. Il y a bien entendu toute la théorie musicale qui forme le musicien, mais celle-ci ne forme ni la voix, ni l’artiste lyrique.

Dans ce sens, l’association entre le maître de chant et l’élève est capitale. C’est pour cette raison que le choix du maître influence grandement le choix de l’institution. Je peux dire que l’influence de M. Germain représente le fondement de ce que je suis devenu comme chanteur. Je valorise au plus haut point la transmission de son savoir de souche européenne. C’est ce qui a forgé ma pensée et mon instrument. Mon passage à l’Université de Montréal a été déterminant pour ma carrière.

 

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je considère être au meilleur de ma forme en tant que chanteur, et tout aussi passionné ; je continue donc d’accepter les projets de rôles et d’enregistrements qui viennent à moi. Il n’est pas question pour moi d’arrêter de chanter pour l’instant.

Par ailleurs, j’ai à cœur le devenir de l’industrie canadienne de la musique et j’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. C’est ce qui m’a amené à mettre en place le festival Classica qui en sera à sa 7 e édition l’an prochain. Mon objectif est de créer de la demande en produits musicaux. C’est selon moi un problème au Canada. Nous avons des institutions extraordinaires qui forment des gens au potentiel tout aussi fabuleux, mais il n’y a pas suffisamment de demande pour cette relève. J’aspire donc contribuer à créer de l’emploi pour nos futurs musiciens et chanteurs. Non seulement est-il important de continuer à enseigner la musique, encore faut-il pouvoir accompagner les diplômés dans leur développement postuniversitaire et soutenir leur diffusion sur le territoire canadien afin qu’ils puissent gagner leur vie en tant que musiciens.

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